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  • Legalisation de l’IVG a Saint-Marin, mariage pour tous en Suisse: la democratie.

    Posted on Mai 13, 2022 by in xmeets connexion

    Legalisation de l’IVG a Saint-Marin, mariage pour tous en Suisse: la democratie.

    Bien sur que j’ai ete amoureux d’un garcon coiffeur.

    J’etais, a cette epoque, il y a longtemps, extraordinairement mince. J’avais ce charme des gens qui se fanent passes les trente-cinq ans. Une rosee. Aujourd’hui on ne s’en rend pas compte, mais dans mon visage diaphane et glabre, mes yeux paraissaient grands, avec de longs cils recourbes, une couleur gris bleu qui changeait selon le ciel. Avec un corps que certains amants ont adore, « parfaitement forme, disait l’un d’eux, mais un peu mou ». Le garcon coiffeur, je l’ai rencontre en rue. L’homosexualite etait illegale et il n’y avait pas de clubs specialises, du moins accessibles a un petit gars ignorant des arcanes d’une communaute habituee depuis des siecles a vivre dans l’ombre des remuements furtifs. Plus tard, j’ai decouvert les appartements amenages en night-clubs clandestins. J’y ai rencontre un homme merveilleusement noir qui me pelotait sous la table avec son genou. L’avantage, c’etait le caractere strictement fonctionnel de ce genre d’approche. C’etait clair y compris pour mon garcon coiffeur. Moi, je ne comprenais rien a tout ca. Je pensais que le desir et l’amour etaient une seule et meme chose. Je xmeets application de rencontre suis donc tombe amoureux, parce qu’il avait ete gentil, qu’il avait accessoirement de belles mains. C’etait, pour moi, une epoque de grande fringale. Lui a cesse d’avoir faim de ma peau, de ma langue, de mon sexe, au bout de deux mois. Il a trouve bon de me donner mon conge. Il devait etre deux heures du matin. Je les avais files, lui et l’homme mur qui l’accompagnait, depuis le centre ville. Je les voyais marcher devant moi, une aura de complicite liant leurs deux silhouettes. J’en crevais de mal. Ils se sont arretes devant la maison. Du renfoncement sombre d’une porte, j’ai appele. Le garcon coiffeur m’a apercu, a fait la grimace, s’est tourne vers son ami a qui il a glisse quelques mots. Il a traverse la rue. Sous un crachin serre. Je ne me rappelle plus les mots exacts. Il me parlait sur un ton tres doux. Je me taisais, obnubile par le mouvement de ses levres. L’autre, appuye a la porte, s’impatientant, regarda sa montre. Ce geste, ce simple geste, signifiant definitivement que je n’existais plus, ou peut-etre le regard de mon ancien sigisbee, qu’il m’a semble fixer sur un ailleurs situe derriere mon epaule. Une vapeur bouillante m’a envahi la tete. J’ai cru entendre des cris. Je me suis eloigne, aveugle par des taches rouges qui dansaient devant mes yeux, un bourdonnement effroyable dans les oreilles. Je marchais a grands pas, comme un automate. Le lendemain, je suis retourne dans la morne chaussee. Il y avait, par terre, le contour d’un corps dessine a la craie, une tache de sang seche a l’endroit du c?ur.

    Dans un cafe rock, a Ixelles, par un soir d’automne, j’eclusais des godets avec un camarade d’enfance.

    C’etait notre style, a cette epoque, de contempler le monde d’un air blase, extenue de nous-memes et de tout. A deux tables de nous, un homme d’une trentaine d’annees regardait la television. Un culturiste dont les cuisses et les bras etaient puissants et elegants. Il avait un visage brun, ouvert, aux levres genereuses. Je dis a mon ami : « Tu vois, ce genre de lapin, c’est jamais pour ma pomme. » Comme s’il m’avait entendu, l’autre se tourna vers moi et me decocha un sourire etourdissant. Nous sommes montes chez lui, il habitait au-dessus du cafe, et nous avons farouchement fait l’amour. Il faut se representer le couple que nous formions. Lui, athletique, une demarche de grand fauve, le tain fonce, les cheveux noirs, une expression de contentement perpetuellement peinte sur la figure. Moi, presque maigre, avec ma degaine de poete tourmente, ce charme evanescent dont j’ai parle. Dans les boites, nous faisions un tabac. Nous, qui allions si bien ensemble en societe, qui appreciions le service mutuel que nous nous rendions, ne nous entendions pas idealement au lit. Ricardo pretendait m’enculer a toute occasion. Je ne souffrais d’aucune reserve morale a ce sujet. Mais je n’etais pas a proprement parler un habitue. Il y avait la, pour moi, un petit quelque chose de crispant. En ce sens que, pour eprouver du plaisir par cette voie, il faut etre apte a l’abandon psychologique le plus complet. Ce n’etait pas mon fort. Et puis Ricardo avait une queue enorme. A chaque tentative plus ou moins maladroite, cet animal me faisait mal et me crispait un peu plus. Ce jeu a dure six mois, au cours desquels les autres delices de notre couple, prestige mondain, baisers (Ricardo embrassait comme un dieu), peut-etre aussi une certaine tendresse, se sont progressivement epuises, mon amant se resolvant a chercher ailleurs l’assouvissement de son pressant besoin de penetrer quelqu’un. C’est ainsi qu’une nuit, debarquant chez lui sans prevenir, je l’ai trouve au pieu avec une femme blonde d’un certain age. Je ne trouve pas les mots pour decrire ce qui s’est passe. La vapeur, les taches rouges, le bourdonnement. Je ne sais plus comment j’ai emerge de ce brouillard cuisant. J’ai lu dans le journal un compte rendu faisant etat de deux corps emmeles, entierement laceres a l’aide d’un couteau de cuisine. L’article etait intitule : « Les amants tragiques. »

    Un an ou deux se sont ecoules, ponctues par des rencontres d’une nuit, des passades, des ejaculades de coin de porte. C’est son visage qui m’a seduit. Un visage fin, delicat, dont les yeux myopes avaient quelque chose d’attachant. Il etait violoniste. Un etre raffine, gracile, melodieux. Un garcon tres mur qui, je crois, m’a aime d’un amour vrai. Peut-etre parce que l’amour qu’il me portait me faisait peur. Peut-etre parce que j’etais un chien fou. Je ne sais pas. Moi, je ne l’ai pas aime du tout. J’ai rate cet amant merveilleux. Insensiblement, nous nous sommes eloignes l’un de l’autre. Je ne me rendais pas compte de ce qui se passait. J’avais de la tendresse, de l’estime pour Jose. Le ciel a comme eclate en moi quand je l’ai apercu, un beau jour, tenant par la main un type que je connaissais pour m’etre a de nombreuses reprises fait draguer par lui, que je tenais pour un foutriquet sans interet. Ils avaient l’air heureux, ils souriaient dans la lumiere d’une fin d’apres-midi ensoleillee. Des temoins ont parle d’un forcene qui se serait jete sur deux jeunes gens. L’un, le crane fracasse contre le pare-brise d’une voiture, l’autre la gorge traversee par un archet. Moi, je titubais non loin, un orage intolerable dans la tete.

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